« Si elle n'a pas de prix pour celui qui l'utilise, l'information à un coût pour celui qui la recherche ».
De part la nature de sa fonction et de ses préoccupations, le décideur s'interroge : « Quels sont les comportements de consommation émergents? Quels partenaires et sous-traitants choisir ? Qui est ce nouvel entrant ? Quelles sont les limites juridiques d'un projet ? Quelles possibilités de transferts technologiques ouvrent-elles ? » Les réponses se dévoilent d'autant plus facilement qu'elles sont la résultante d'actions de questionnements cohérents et de recherches d'informations organisées de manière imaginatives mais rigoureuses.
Il convient d'avoir une perception objective des contextes de développement de l'entreprise et d'irriguer perpétuellement l'organisation en informations pertinentes et fraîches. Ces informations concernent une multitude de micro-organisations qui gravitent volontairement ou involontairement autour des projets et qui peuvent influencer les trajectoires et les contextes d'actions.
Le fonctionnement managérial en mode de gestion de projet imprègne de plus en plus la culture de nos organisations. Cette forme de travail crée des équipes ponctuelles détachées à des projets limités aussi bien en terme d'objectifs qu'en temps imparti pour les réaliser. Les équipes se font et se défont en suivant les besoins de chaque phase de développement de l'organisation.
L'information, en tant que matière première de la décision stratégique, résulte du traitement et de l'analyse de veilles thématiques ciblés renforcés par des démarches de recherches dynamiques et ponctuelles. Ces veilles captent l'information en croisant des mots clés prédéfinis sur des sources pré-qualifiées.
Cette information doit être disponible dans de bonnes conditions d'appropriation pour chaque acteur du projet quelle que soit sa localisation géographique, ses composantes culturelles ou ses préférences cognitives. Suivant les rôles ou fonctions de l'utilisateur à un instant précis, une même donnée se présente sous différents angles. Un focus plus ou moins large est braqué sur la veille en fonction des phases d'avancement du projet. On ne surveille pas aussi intensément les sources d'informations disponibles dans une phase de recherche et développement que pendant une prospection commerciale ou juste avant un transfert de technologie et encore moins en gestion de crise.
Le suivi régulier d'une veille opérationnelle doit pouvoir alimenter une vision temporellement positionnée et prospective, basée sur des analyses objectives et actualisées. Certaines problématiques ont des composantes différentes. Certaines veilles suivront une composante technologique, d'autres une composante économique ou juridique de la même problématique. De même, suivant la configuration de l'environnement dans lequel il est impliqué, les ressources informationnelles ne sont pas employées dans la même direction s'il est leader, suiveur, ou nouvel entrant sur un marché.
Avec l'avènement des technologies de l'information et de la communication, la masse d'informations captables par tout un chacun et en perpétuelle augmentation. Chaque jour apporte sont lot en numérisations diverses qui facilitent l'accès à des informations jusque-là beaucoup plus difficiles à collecter. En fait, il y a trente ans, pour un bien grand nombre leurs existances nous étaient même inconnues. Internet a permis de rendre accessible dans un temps très court une masse importante et ciblée d'informations à une multitude de personnes géographiquement eloignés, ce qu'aucun moyen de communication n'était parvenu jusqu'alors.
Le nombre de canaux d'informations auxquels nous pouvons avoir accès sur des supports de plus en plus variés et maintenant nomades donne le vertige. Au regard du nombre de sources disponibles et de leurs diversités, l'utilisation de l'outil informatique est d'une évidente nécessité tant comme support de communication que comme outil d'aide au traitement de l'information.
La capacité de traitement dynamique d'un corpus important d'informations, en un temps rendu très court par l'utilisation massive et généralisée de l'informatique et d'Internet, dépend de la puissance de calcul et de la vitesse de transmission de l'outil informatique utilisé, mais surtout des capacités d'appropriation, d'analyse et de communication des êtres humains qui en ont la charge et l'utilise.
La démocratisation d'Internet comme canal d'information ponctuelle ou régulière est un fait de société marquant et prévu de longue date et qui n'a pas fini de bousculer nos habitudes. Nous ne sommes qu'aux prémices de ce que sera la société de l'information.
La particularité d'Internet par rapport aux autres médias et que ses utilisateurs ne sont plus simplement des consommateurs passifs, engrangeant l'information, mais peuvent devenir eux-mêmes des producteurs , auteurs de leurs humeurs ou de leurs passions.
L'information devenant un produit de consommation courant, il est évident que cet accès massif à la connaissance change considérablement le rapport que tout à chacun entretient avec les autres. Et que l'émergence de nouvelles communautés virtuelles modifiera considérablement notre modèle économique et social.